19 juillet 2011

libre parole



Ce mois de mai 2011 Libre parole à… Juliette Clochelune

De la poésie, on peut dire qu’il y a ceux qui ne la connaissent ni ne l’aiment vraiment; ceux qui l’ont rencontrée  jadis, à l’école et qui ont tout oublié et puis ceux  - et ceux-là nous intéressent-,  qui en écrivent  et qui ne peuvent pas envisager de vivre sans être accompagnés par elle. Elle est dans leurs gènes, pourrait-on dire !
Juliette Clochelune est de ceux-là.

Elle nous livre, ici, une page émouvante de sa personnalité, un hymne à la poésie, celle des jours de sa vie, où chaque instant ne peut pas être délié de la poésie, imbriqués qu’ils sont comme deux atomes d’une même molécule.

Émotions assurées ! 

(Michel Ostertag)


"le lecteur-né lit aussi inconsciemment qu'il respire ; et pour pousser l'analogie plus avant, lire n'est pas plus une vertu que respirer. Plus on confère à l'acte du mérite, plus il en devient stérile. Qu'est-ce que lire, en dernière instance, si ce n'est un échange de pensée entre écrivain et lecteur ?" (Edith  Wharton dans «Le  vice de la lecture» paru en 1903 dans une revue littéraire)

 

 

très longtemps je me suis détestée, j'ai détesté ce corps, je me détruisais, le détruisais. j’étais comme un miroir brisé en mille morceaux. Tous ces morceaux brisés en moi semblent se reconstruire en travers la poésie, les lectures et partages.

 

grâce à la lecture, la poésie, les rencontres, j'ai pu peu à peu me reconstruire, donner une possibilité à cet enfant malade, destiné à mourir à la naissance mais qui s'accrochait aux branches de la vie, aux bras de sa maman! 

 

grâce à la poésie, une sérénité arrive, une coquille que je peux enfin habiter. La poésie m’aide à avancer à travers les cicatrices, la blessure ne s'en ira pas mais des fleurs ont poussé dessus pour la rendre plus douce... pour tenter...

 

je me construis un corps à travers mes rencontres et échanges, un souffle avec la poésie...

 

la poésie est mon entrée en résilience.

 

écrire ce premier recueil de haïkus pour trouver ma coquille,  faire naître ce double, Clochelune, et bercer l’enfant qui crie en moi, cette Clochelune que j’aide à naître... être mère autrement, moi qui ne puis être une maman...

 

l'écriture est cette coquille que je crée, que je peux enfin habiter. La poésie est mêlée à ce souffle qui me manque et m’aide à mieux respirer, c’est un souffle plus grand que le mien, ce souffle-là ne s'en va pas...

 

oui, je construisais ma force avec le corps des gens que j'aime, mais aussi avec la poésie, quand j'avais besoin d'embrasser ces corps, c'est comme si j'embrassais aussi la poésie.

 

mes études à Paris 7 furent un grand bonheur. Je me suis sentie libre, vivante avec cette envie de vivre la poésie, de comprendre que oui, moi aussi je pouvais l'écrire. Des professeurs, des amis ont cru en moi, m’ont ouvert des portes, merci... ces échanges furent essentiels.

 

j'ai l'impression parfois d'être comme un vampire. Vous êtes mes anges et je vous abîme avec mon corps malade. Avec la poésie, l'envie d'écrire je me sens comme apaisée, plus forte.

 

la poésie est immortelle. Elle nous survivra. Elle est cette vieille amie qui jamais ne nous quittera, ce corps stable qui jamais ne pourrira.

 

 

 

 

Coquille vide

Sur le bord du chemin

Puis-je t’habiter ?

Clochelune

 

Juliette Clochelune

***


 

Posté par clochelune à 16:13 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur libre parole

    Bravissimo, Juliette et longue et belle route à ton blog tout neuf!!

    Posté par Viviane, 19 juillet 2011 à 19:15 | | Répondre
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